NUMÉRO 99
juillet 2002

 Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes

sous la juridiction de S.B. Mgr. André

archevêque d'Athènes

et primat de toute la Grèce

Hiéromoine Cassien
Foyer orthodoxe
F 66500 Clara
cassien@orthodoxievco.info

 SOMMAIRE

NOUVELLES
 
WORLD TRADE CENTER 

LA VISION DE L'ABBÉ SOPHRONE

QUI AIME LE JUSTE...

VIE DE SAINT APHRODISE

SAINT BRENDAN ET LE HARPISTE

LES OIGNONS D’ÉGYPTE

NE JUGEZ PAS…

LA FOI DES SAINTS

AVANT - PROPOS SUR LE TÉMOIGNAGE DE LA FOI ORTHODOXE

CATÉCHESE

LA VISION DE L'ABBÉ SOPHRONE

QUI AIME LE JUSTE..


NOUVELLES


Peu de nouvelles mais des projets qui commencent à se concrétiser :
Plaise à Dieu, tout de suite après la Transfiguration, je me rendrai en Suisse pour y célébrer la Divine Liturgie le dimanche d’après. De là je continuerai, en voiture, vers la Grèce où je prendrai l’avion pour le Kenya. Je pense rester un mois au Kenya et peindre des fresques dans l’église de saint André. J’y amènerai un colis d’icônes pour le père Photios que je ne connais pas encore et qui vient de rejoindre notre synode avec quelques paroisses. Sur le chemin du retour, je repasserai par la Grèce récupérer la voiture, et je m’arrêterai encore une fois en Suisse y célébrer une liturgie et faire probablement un baptême.
Je pense donc être de retour au foyer au début d’octobre civil.
Vôtre,
hm. Cassien

L’histoire de l’Église est écrite avec du sang, des sueurs et des larmes.
hm. Cassien

WORLD TRADE CENTER

Le Président George Bush père, dans un discours au Congrès le 11 SEPTEMBRE 1990, a dit ceci: "(La Guerre en Irak est) une occasion précieuse d'entrer dans une période historique de coopération. De ces temps de troubles, ... un Nouvel Ordre Mondial peut émerger." Exactement 11 ans plus tard, au jour exact, les Illuminatis attaquèrent l'Amérique dans un effort évident pour forcer les Américains à entrer dans le Nouvel Ordre Mondial. L'assaut des Illuminatis sur les tours de New York se lit dans la date, le numéro du vol, la signification occulte du chiffre 11, tout cela nous indique en grosses lettres : les Illuminatis
Comment se fait-il qu’il n’y ait eu aucune trace de débris d’avion sur le site PENTAGONE détruit le 11 septembre ?
Comment se fait-il qu'un jeune marine ait appelé sa mère depuis un navire de la Navy dimanche ou lundi en lui disant que "quelque chose de gros allait arriver en Amérique", disant ensuite à sa mère que le navire allait s'éloigner de la côte est. Quelque chose de gros allait arriver ?
Et n'oublions pas la pauvre Chandra Levy, qui appela également ses proches, en leur disant qu'il y avait quelque chose d'assez "gros" pour qu'elle doivent les avertir tous. Avait-elle décidé d'avertir l'Amérique que les agences d'intelligence avaient planifié ou connaissaient l'existence de cette attaque du WTC et comment et quand elle allait se dérouler ?
N'oublions pas que le sénateur Condit, qui est un des membres du sénat sélectionné pour le Comité du Service de Renseignements, connaissait plusieurs choses dans le domaine TOP SECRET. Son ordinateur portatif était à la portée de Chandra également. Avait-elle trouvé des choses concernant le plan d'attaque du WTC ? La pauvre fille fut probablement hors d'elle-même en entendant cela, et elle devint donc une cible immédiate, étant devenue un risque potentiel pour les Illuminatis, elle a été retrouvée assassinée.
Ensuite une multitude de réservistes furent appelés lundi, juste avant que l'attaque n'ait lieu. Pourquoi ont-ils soudainement été appelés juste avant cette attaque ?
Et nous savons que le Mossad a dit à Washington que l'Amérique serait frappée. Et l'échelon de la NSA a elle aussi donné ses avertissements, suite à l'interception d'une conversation téléphonique. Les services allemands qui avaient les aveux d’un complice repenti n’ont pas été écoutés non plus.
Je sais de la famille d’un pompier enseveli, qu’il a refusé de quitter les tours (l’idée d’une implosion immédiate étant techniquement impensable) quand l’ordre a été donné de les évacuer avec ce mot d’ordre : «tout va s’effondrer» donné par les chefs avant l’explosion des charges. Les chefs le savaient donc à l’avance ?
Aucun des habitués affiliés à la maçonnerie dans la WTC n’y étaient présents, en plein jour, et pleine heure d’ouverture des bureaux (environ 4000 initiés) à l’heure indiquée…
Et alors tous ces avertissements furent totalement gardés secrets. Pourquoi ? Lorsque JFK fut assassiné par le cartel des maçons/illuminatis, les procédures normales de sécurité avaient été enlevées. Pourquoi ? La même chose est arrivée ici.
Ensuite, nous avons un rapport provenant d'un groupe d'experts en construction, et qui ont regardés les vidéos de la destruction des buildings du WTC, et ceux-ci affirmèrent que le building avait implosé, par le moyen de charges explosives, placés pour exploser après que les buildings aient été touchés par les avions. Ceux-ci ont même ajouté que ces buildings ne se seraient jamais effondrés dans des circonstances normales. Ces hommes sont des professionnels en structure, des ingénieurs et des architectes, et selon ce même rapport, une haute source d'information suggéra que ces explosifs furent placés là avant les attaques. Un témoin oculaire sur CNN qui avait échappé in extremis à la destruction, rapporta avoir entendu une série d'explosions et alors la seconde tour s'écroula d'elle même.
Lorsque j'ai regardé moi-même cet événement, avant que la première tour ne tombe, il y a eu une large explosion à la gauche de l'écran de télévision et une grande quantité de fumée grise et de poussière est sorti du 50 ème étage de la tour la plus proche. J'ai fait remarquer cela à mon épouse "qu'est-ce que c'est ? Quelque chose venait tout juste d'exploser !" Était-ce le début de l'implosion, où est-ce que le Building 7 a implosé premièrement, et fut le premier à s'effondrer ? Cette bande vidéo a rapidement été bannie par CNN et elle ne fut plus revue depuis. La fumée a commencé à apparaître avant que la première tour n'ait commencé à imploser. Il y a quelque chose qui ne colle pas ici.
Ensuite, nous avons un ami qui nous a appelé et qui étudie les transactions financières, et il a découvert que les détenteurs de papiers à l'intérieur du WTC n'avaient perdu que 28 milliard de dollars en investissements, alors qu'il y avait là les plus gros investisseurs de plusieurs compagnies d'assurance, donc normalement, le système entier aurait du être touché. Celui-ci ayant parlé à son frère, un travailleur du poste de pompier de NYC, lui a alors dit qu'il s'agissait d'un attaque de "l'intérieur". Il a dit que le building a "implosé" depuis l'intérieur, à l'aide de charges explosives placées à des endroits stratégiques des bâtiments. L'homme qui avait fait le travail d'ingénierie du bâtiment, a dit sur CNN qu'il avait été prévu de manière à être capable de supporter un impact direct par un avion de ligne Boeing 707, et qu'il n'aurait pas du s'effondrer. Comme tout cela est intéressant. Et les preuves furent ignorées. Et le peuple américain a complètement avalé ce mensonge.
Comment, sans avoir l'aide de l'intérieur, pourriez-vous placer des explosifs à l'intérieur du World Trade Center, alors que celui-ci était placé sous haute sécurité, surtout depuis les attaques de 1993 ? Et pourquoi est-ce que les médias n'ont pas rapportés ces faits ? D'autant plus que nous avons entendu les deux interviews des pompiers fait par CNN, déclarant être allé dans les soubassements où ils avaient retirés des survivants ? CNN a totalement ignoré ce que ces pompiers ont dit, et ils ont continuellement maintenu qu'il n'y avait pas de survivant qui avaient été trouvés au travers des ruines, personne. Alors, qu'est-il arrivé à ces gens ? Peut-être ne devait-il pas y avoir aucun survivant afin qu'ils ne puissent raconter ce qu'ils savaient. Au début, nous nous étonnons. Mais lorsque vous commencez à relier les points entre-eux, cela nous aide à comprendre en quoi consiste le portrait entier d'un événement où tout ce mal a été si généreusement perpétré. Tout ce que nous pouvons dire, c'est "Les hommes mauvais avanceront toujours plus dans le mal".
CNN vient juste de rapporter (9-17-2001 7:20 pm CST) que tous les navires de la Navy qui avaient des sites web par lesquels ils pouvaient communiquer avec ceux de l'extérieur, avaient arrêté toutes leurs activités LUNDI AVANT LES ATTAQUES.

Dans : http://catholiquedu.free.fr

Les âmes vertueuses et simples peuvent facilement éviter l’égarement et trouver la vérité;

car dès l’instant qu’elles se tournent vers les sources de la tradition divine, leur égarement disparaît

saint Cyprien de Carthage

QUI AIME LE JUSTE...


Dans la prière : Toi qui en tout temps..., nous disons, en parlant de Dieu : Qui aime le juste et fait miséricorde au pécheur.
Quelle est la différence entre l’amour du juste et la miséricorde envers le pécheur ? On aime ce qui est beau et bon, ce qui a de la valeur. Par contre on a de la pitié pour ce qui est laid, chétif ou raté. La laideur n’est pas un objet d’amour. On n’aime tout au plus la créature qui en est atteinte qu’en tant que créature, et si c’est un homme, à cause de l’image de Dieu qu’il porte toujours en lui malgré la déformation. Par contre l’homme accompli n’est pas seulement à l’image de Dieu, mais a aussi restauré la ressemblance divine en lui-même, ce qui fait qu’il est digne d’amour.
Toute nature raisonnable est à l’image de Dieu; mais à sa Ressemblance, seuls le sont les bons et les sages, dit saint Maxime le Confesseur (centuries 3,25).
Pitié et miséricorde sont des sentiments qu’on porte envers ce que la vie a abîmé, altéré et on souhaite que cette déformation, cette maladie le quitte.
L’âge et les rides sont inévitables mais ne sont pas nécessairement accompagnés de laideur. Ce n’est que chez celui qui a gâché sa vie, et quand la beauté physique de la jeunesse a disparu — qui ne faisait que cacher le vide intérieur — que toute la misère est à découvert.
Un saint, donc un homme accompli sur tous les niveaux, malgré son âge, rayonne une beauté, une lumière, et il est aimé de tous, sauf de ceux bien sûr qui ont opté pour le mal et tout ce qu’il comporte.
Dieu donc comment peut-Il aimer quelqu’un qui vit dans le péché et ne se défait de ses vices ? Il le prend en pitié, lui tend la main afin de le sauver quand même.
Il donne à l’un sa Miséricorde, à l’autre sa faveur. À l’un Il donne, à l’autre Il accorde sa Grâce, dit saint Jean Chrysostome dans son homélie pascale.
Donc, autre est le sentiment envers le juste, et autre le sentiment envers le pécheur. Autre la miséricorde, et autre l’amour. Ce que Dieu ressent envers nous, nous l’éprouvons aussi chaque jour. Il y a des hommes qu’on aime à cause de leurs qualités et d’autres qui nous font pitié à cause de leur misère et des problèmes dont ils ne sortent pas.
Qu’avons-nous à faire pour qu’on nous aime vraiment et que nous arrêtions de nous plaindre de ce qu’on ne nous aime pas ? La réponse est simple, d’après ce que nous venons de dire, même si la réalisation demande de l’effort : Nous devons nous défaire de nos défauts et devenir un chrétien non seulement en apparence mais de tout notre être. D’autres y sont arrivé, et pourquoi pas moi ? Voilà une question essentielle qui devrait être sans cesse devant nos yeux. Dieu en a aidé d’autres pour le réaliser et Il veut que tout homme soit sauvé.

hm. Cassien

L'abbé Paphnuce ne buvait pas volontiers de vin. Une fois pourtant, chemin faisant, il tomba sur une bande de voleurs et les trouva en train de boire. Le chef des voleurs le reconnut. Il savait qu'il ne buvait pas de vin, mais, le voyant fatigué par bien des travaux, il remplit une coupe de vin, et, tenant à la main une épée nue, il dit à l'ancien (par plaisanterie) : «Si tu ne bois pas, je te tue !» L'ancien comprit que cet homme voulait lui faire la charité. Afin de le gagner, il prit la coupe et but. Le chef des voleurs lui fit une métanie et lui dit : «Père, pardonne-moi, car je t'ai fait de la peine». L'ancien répondit : «Je crois que mon Dieu te fera miséricorde en ce monde et dans l'autre pour cette coupe». Le chef des voleurs lui répondit : «Et moi, j'ai confiance que désormais, grâce à Dieu, je ne ferai plus de mal à personne». L'ancien gagna toute cette bande de voleurs parce qu'il avait renoncé à sa volonté pour l'amour de Dieu.

VIE DE SAINT APHRODISE, premier évêque de Béziers ( 1er siècle 22 mars)

Selon le récit du Breviarium Bitterense de 1534, “lorsque la Mère de Dieu en compagnie de St. Joseph, eut emporté dans la terre d’Egypte non soumise à la domination d’Hérode, le Christ, son fils, Dieu l’ayant prévenue par un ange pendant la nuit, il advint que le temple des idoles, construit avec magnificence, croula de fond en comble à leur entrée. Or pendant qu’ils demeuraient au milieu des décombres, sans aucune blessure, le bienheureux Aphrodisius, proconsul de cette province, averti de ce fait, accourut; à la vue du Christ, il fut frappé d’étonnement et le premier se prosterna pour l’adorer. Pendant sept ans, il offrit à la sainte Famille, dans sa demeure, une généreuse hospitalité dont il fit tous les frais.”
Après l’Ascension de notre Seigneur, la prédication de l’évangile étant parvenu en Égypte, Aphrodise alla à Antioche, où il fut baptisé par saint Pierre qui l’amena à Rome, puis l’envoya prêcher dans les Gaules. Là, il s’associa à Paul-Serge, évêque de Narbonne, autre proconsul converti par saint Paul. Paul Serge l’ayant ordonné évêque de Béziers, Aphrodise alla dans cette ville où il opéra de nombreuses conversions. Un jour alors qu’il prêchait la foi orthodoxe, une foule de païens se saisit de lui et le décapita avec trois autres de ses compagnons. Cette exécution barbare eut lieu en la rue Civiaque, dite depuis rue de Saint Jacques, l’an de grâce de notre Seigneur Jésus-Christ 65.
Suivant une tradition orale multiséculaire, le martyr décapité, chemina, portant son chef, juqu’à la chapelle du saint apôtre Pierre qu’il avait lui-même consacrée et dans laquelle il fut enseveli. On représenta souvent le saint monté sur un chameau, en souvenir de son Afrique natale.
Il est d’usage d’invoquer le saint martyr contre l’épilepsie, appelée alors le haut mal.
Dans une relation de 1633, Clément de Bonzy parlant des fonts baptismaux dit : “ils sont de marbre blanc, faits en forme de tombeau, rehaussés de figures de relief, la tradition est que dans iceux sainct Affrodise, évesque de béziers et martirisé en ladite ville fust ensevely, et il y a encore des marques de sang qu’on dit estre dudit martyr, et sur la tradition et créance que les enfans baptisés en iceux sont préservés du hauct mal, la plupart des pères et mères y font baptiser leurs enfans et plus particulièrement les aisnés, bien qu’îls ne soient pas de la paroisse, et plusieurs personnes qui estoient atteints de ce mal faisoient veu de boire l’eau qui est dans lesdits fonds, ce qui leur étoit permis autrefois.”

Mieux vaudrait voir changer le ciel et le soleil que de voir des changements, quels qu’ils soient, survenir dans les règles de l’Église, parce que la sainte Église a été affermit dans la Parole de Dieu qui est plus forte que le ciel et la terre, ainsi que le Christ l’a dit : Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront point ! (Mc 13,31)
saint Cyrille de Jérusalem

SAINT BRENDAN ET LE HARPISTE

10e siècle

Une fois, alors que Brénainn (Nom irlandais de Brendan) , de la lignée des Altae, était à Clonfert, un jour de Pâques, sept ans avant son trépas, il célébra la divine liturgie à l’église, puis prêcha et fit l’offrande.
A l’heure de midi, les moines allèrent au réfectoire : là, il y avait un étudiant avec sa harpe à la main : il joua un air pour eux et eux, ils le bénirent. ‘Je serais ravi maintenant’, dit le clerc, ‘si Brénainn était ici, je lui en jouerais trois.’ ‘Il ne te laisserait pas venir à lui’, dirent les moines, ‘car Brénainn n’a ni souri ni écouté une musique profane quelconque depuis sept ans. Du reste, il a deux boules de cire réunies par une ficelle sur son livre devant lui et quand il entend de la musique, il les met dans les oreilles.’ ‘J’irai quand-même jouer pour lui’, répondit l’étudiant.
Il s’en fut, avec sa harpe accordée à la main. ‘Ouvre’, dit le clerc. ‘Qui est là ?’ demanda Brénainn. ‘Un étudiant venu jouer de la harpe pour toi.’ ‘Joue dehors’ dit Brénainn. ‘Si cela ne te dérange pas, je serais heureux si tu me permettais de jouer un peu à l’intérieur de l’église.’ ‘Très bien,’ dit Brénainn. ‘Ouvre-moi la porte’, dit le jeune homme. Brénainn lui ouvrit. Le clerc prit sa harpe, et Brénainn mit ses deux boules de cire dans les oreilles. ‘Je n‘aime pas te jouer si tu n’enlèves pas les boules de cire de tes oreilles,’ dit l’étudiant. ‘Très bien alors’, dit Brénainn et il remit les boules de cire sur son livre. Il lui joua trois airs. ‘Sois béni, étudiant’, dit-il ‘pour ta musique et que Dieu t’accorde le paradis !’
Brénainn remit ensuite les boules dans ses oreilles, car il ne voulut plus entendre la musique. ‘Pourquoi ne veux-tu pas écouter la musique’ demanda l’étudiant, serait-ce parce que tu la trouves mauvaise ?’ ‘Pas du tout’, répondit Brénainn, mais pour la chose suivante. Il y a sept ans, jour pour jour, j’étais dans cette église et après mon homélie, la liturgie finie, les prêtres étaient allés au réfectoire pendant que moi, j’étais resté seul ici, et je fus saisi d’une grande soif de mon Seigneur, en allant vers le Corps du Christ. Comme je me tenais là, je fus pris d’une terreur et d’un tremblement; je vis alors un oiseau brillant à la fenêtre. Prenant son vol, il s’installa sur l’autel. J’étais incapable de soutenir sa vue à cause des rayons dont il était entouré et qui ressemblaient à ceux du soleil. “Sois béni, prêtre”, dit-il, “et bénis-moi aussi”. “Que Dieu te bénisse”, répondis-je; “qui es-tu ?” “L’archange Michel”, dit-il, “venu te parler”. “Je rends grâce à Dieu de parler avec toi, et pourquoi es-tu venu ?” “Pour te bénir et te faire écouter de la musique de la part de ton Seigneur”, dit l’oiseau. “Sois le bienvenu”, dis-je. L’oiseau reposa son bec sur son aile, et je l’écoutai alors à partir de cette heure jusqu’à la même heure le lendemain; alors il prit congé de moi.’
Brénainn gratta le cou de la harpe du dos de son couteau. ‘Trouves-tu cela doux, étudiant ?’, demanda-t-il. ‘Eh bien, je te donne ma parole devant Dieu que, après cette musique-là, toute la musique du monde ne me paraît pas plus douce que le son de ce couteau sur le cou de ta harpe, et je trouve qu’il n’y a pas grand profit à l’écouter.’ dit Brénainn. ‘Prends ma bénédiction, jeune homme, et que Dieu t’accorde le paradis pour ta musique.’

L’esprit insoumis aux dogmes de l’Église et à l’enseignement des saints pères sème la discorde parmi les chrétiens et donne naissance à d’innombrables hérésies et schismes. Aussi celui qui désire être un véritable fils de l’Église orthodoxe doit-il mater son esprit insoumis au moyen des règles définies par l’Église et faire preuve d’une entière obéissance à sa mère l’Église.
saint Jean Chrysostome (homélie sur la 1e épître aux Corinthiens)

Évêque Nicolaï D. Velimirovitch de l’Église orthodoxe serbe

LA FOI DES SAINTS

Catéchisme de l’Église Orthodoxe
(d’après l’édition du Monastère Saint Sava, Libertyville, Illinois)

CHAPITRE I
L’ORIGINE ET LES SOURCES DE LA FOI ORTHODOXE


Q. D’où vient notre foi ?
R. C’est Dieu Lui-même qui l’a révélée.

Q. De quelles sources puisons-nous la Révélation divine ?
R. De l’Écriture sainte et de la sainte Tradition.

1. L’ÉCRITURE SAINTE

Q. Qu’est-ce que l’Écriture sainte ?
R. La Bible ou l’Écriture sainte est un recueil de livres sacrés de l’Ancien et du Nouveau Testament.

Q. Pourquoi l’appelons-nous sainte ?
R. Parce que c’est notre saint Dieu qui inspira et guida des hommes saints pour écrire ces livres sacrés qui nous enseignent une sainte vie.

Q. Que veut dire le mot “Bible” ?
R. “Bible” veut dire “livres” en grec. Mais ce mot est à comprendre au sens qualitatif : il s’agit du livre des livres, du sommet de tous les livres.

Q. Qu’est-ce que l’Écriture sainte ?
R. La Bible ou l’Écriture sainte est un recueil de livres sacrés de l’Ancien et du Nouveau Testament.

(A) Les livres de l’Ancien Testament

Q. Comment sont répartis les livres de l’Ancien Testament ?
R. En livres législatifs, historiques, instructifs ou moraux et prophétiques.

Q. Quels sont les livres législatifs de l’Ancien Testament ?
R. Les cinq livres de Moïse ou le Pentateuque, c’est-à-dire :
1. La Genèse ou le livre de la Création
2. L’Exode ou le livre de l’émigration
3. Le Lévitique ou le livre du sacerdoce et des sacrifices
4. Les Nombres ou le livre des nombres
5. Le Deutéronome, ou le livre des lois répétées

Q. Que nous apprend le livre de la Genèse ?
R. D’abord la Puissance et la Sagesse immenses de Dieu qui, par sa simple Parole, a créé le monde; ensuite son Amour infini par lequel Il a créé l’homme à son image, troisièmement l’origine de la tragédie de l’homme, c’est-à-dire la chute de nos premiers parents, Adam et Ève qui, trompés par Satan, se détournèrent de façon ingrate de leur Créateur vers leur destructeur et l’admirable Justice divine par laquelle ils furent expulsés du paradis.

Q. Que nous relatent les autres livres législatifs de l’Ancien Testament ?
R. Ils relatent comment le Seigneur Dieu instruisit le peuple juif par une loi sévère de Justice, pour le préparer à l’acceptation de la loi d’Amour du Christ Sauveur.

Q. Quels sont les livres historiques de l’Ancien Testament ?
R. Le livre de Josué,
le livre des Juges,
le livre de Ruth,
les quatre livres des Rois,
les deux livres des Chroniques,
le livre d’Esdras,
le livre de Néhémie
et le livre d’Esther.

Q. Que nous relatent ces livres historiques ?
R. Ils nous parlent du rôle actif qu’avaient joué Dieu dans les événements décrits, son Intention pleine de bonté de guérir la nature déchue de l’homme par la loi et de la détourner de l’idolâtrie satanique pour l’amener à reconnaître le seul vrai Dieu Ami de l’homme.

Q. Quels sont les livres instructifs ou moraux de l’Ancien Testament ?
R. Ce sont : le livre de Job,
le Psautier,
le livre des Proverbes,
le livre de l’Ecclésiaste
et le Cantique des Cantiques.

Q. Que nous apprennent ces livres instructifs ou moraux ?
R. Ils nous apprennent comment réagir aux événements de tous les jours, comment nous comporter dans les vicissitudes de la vie, sans jamais perdre de vue le Seigneur et sa Loi.

Q. Quels sont les livres prophétiques de l’Ancien Testament ?
R. Les livres des 4 grands prophètes : Isaïe, Jérémie, Ézéchiel et Daniel et les livres des 12 prophètes mineurs : Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie et Malachie.
Il existe deux autres livres en usage dans l’Église : la Sagesse de Salomon et la Sagesse de Sirach.

Q. Cette classification des livres de l’Ancien Testament est-elle très tranchée ?
R. Non. Les livres législatifs et prophétiques contiennent de l’histoire et il y a aussi des prophéties dans les livres historiques et législatifs. Le Psautier est un livre à part : il est considéré comme un livre moral, mais contient beaucoup de prophéties concernant le Christ. De plus, c’est le livre de prières le plus important de toute la Bible.

à suivre

Ordonne encore aux fils d'Israël de te donner de l’huile d'olive, sans lie, pure, pilée au mortier, pour brûler et éclairer; car la lampe doit brûler toujours,
Dans le tabernacle du témoignage, devant le voile de l'alliance; Aaron et ses fils la feront brûler devant le Seigneur du soir au matin. C'est une loi perpétuelle pour toutes les générations des fils d'Israël.
Ex 27,20-21

CATÉCHESE
(suite et fin)


CHAPITRE IV

LE SIGNE DE LA CROIX

Le signe de la croix se fait en unissant les bouts de 3 doigts, à savoir le pouce, l’index et le majeur, en l’honneur de la Trinité consubstantielle et indivisible, non pas seulement dans l’Église, mais aussi à la maison, avant et après chaque repas, au début et à la fin de notre travail quotidien etc. Il y a aussi une explication symbolique pour le signe de la croix. Le front signifie le ciel d’où notre Seigneur Jésus Christ est descendu, le ventre signifie la terre où Il S’est incarné. L’épaule droite signifie qu’Il S’est assis à la droite du Père après son ascension au ciel, et l’épaule gauche qu’Il reviendra sur la terre pour juger les vivants et les morts.
Notre Église fête la sainte Croix cinq fois par an, à savoir le 6 mars (Commémoration de l’invention de la sainte Croix), le 3e dimanche du Grand Carême, le 7 mai (Commémoration de l’apparition de la sainte Croix dans le ciel), du 1er au 15 août (Avancement de la sainte Croix) et le 14 septembre (Exaltation universelle de la sainte Croix vivifiante). Pendant cette fête, la croix est ornée de basilic, car, selon l’ancienne tradition, le basilic poussait spontanément à l’endroit où la sainte Croix fut enterrée.

CHAPITRE V
Le pain béni

Parce que dans les temps anciens, les chrétiens communiaient à chaque liturgie, on leur donnait aussi du pain béni, appelé aussi bénédiction spirituelle, et aussi Kataklastón.
La distribution du pain béni fut décidée, selon l’interprétation du Canon B du Concile d’Antioche de Balsamon, par le patriarcheThéodore d’Antioche, interprète des saints Canons en 1199. Et puisque la plupart des chrétiens prennent la communion deux fois par an, ils reçoivent, au lieu des Dons de la Sainte Communion, le don du pain béni, lequel est coupé de l’Offrande après le retrait de l’Agneau qui S’est sacrifié pour la vie et le salut du monde.
Par conséquent, tout chrétien doit rester jusqu’à la fin de la Divine Liturgie pour prendre le pain béni avec grande piété de la main du prêtre, qui lui dit : “Que la Bénédiction et la Miséricorde du Seigneur viennent sur toi”. Et chacun embrasse la main du prêtre pour prendre de cette manière la Bénédiction et la Miséricorde, puisqu’il n’a pas pu prendre part à la communion des saints Mystères.
C’est une mauvaise habitude qui s’est établie depuis quelques années que d’envoyer le pain béni dans un récipient au banc d’oeuvre pour que les chrétiens se servent eux-mêmes.

CHAPITRE VI
Les cérémonies de commémoration
Le blé cuit en mémoire des morts

1. Les cérémonies de commémoration
Les sacrifices sont aussi anciens que le genre humain. Selon les livres mosaïques, ils se divisent, selon le but que les fidèles poursuivent par leur intermédiaire, en sacrifices d’action de grâces, d’expiation et d’holocauste.
Après l’Avènement du Seigneur, ces sacrifices furent abolis et l’Église a reçu du Seigneur et des Apôtres le Sacrifice non sanglant, au cours duquel se célèbrent aussi des cérémonies de commémoration pour les orthodoxes endormis; on offre aussi des actes de charité envers les pauvres et ceux qui sont sans moyens, car le Dernier Jugement n’étant pas encore fait, l’Église, en espérant la Miséricorde infinie de notre Seigneur Jésus Christ, prie qu’Il ait pitié des pécheurs, parce que ni les pécheurs n’ont pas encore reçu l’enfer définitif, ni les justes leur récompense complète, comme nous le dit Paul, l’Apôtre des nations dans son épître aux Hébreux : “Tous ceux-là, à la foi desquels il a été rendu témoignage, n'ont pas obtenu ce qui leur était promis, Dieu ayant en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu'ils ne parvinssent pas sans nous à la perfection” (11,39).
Et le coryphée des apôtres, saint Pierre, dit dans sa 2e épître que non seulement les pécheurs, mais les démons eux-mêmes n’ont pas reçu l’enfer complet : “Car, si Dieu n'a pas épargné les anges qui ont péché, mais s'il les a précipités dans les abîmes de ténèbres et les réserve pour le jugement… (2,4), le Seigneur sait délivrer de l'épreuve les hommes pieux, et réserver les injustes pour être punis au jour du jugement” (2,9).
Mais même avant l’Incarnation de la Providence, on faisait des cérémonies de commémoration pour les morts, comme on le voit dans II Maccabées 43 au chapitre 12, où il est écrit que le vaillant Judas, ayant collecté 21000 drachmes en argent, envoya cette somme à Jérusalem pour que l’on offre un sacrifice pour ceux qui étaient tombés dans la bataille.
Les cérémonies donc de commémoration appartiennent aux traditions, dont l’apôtre Paul dit dans sa deuxième épître aux Thessaloniciens : “Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les instructions que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre” (2,15). Par conséquent, à part les autres commémorations, notre Église célèbre, pour ceux qui se sont endormis, des commémorations du troisième, du neuvième et du quarantième jour, du sixième mois, du premier anniversaire etc.
Celle des trois jours se font en mémoire de la Résurrection du Seigneur, le troisième jour, comme stipulé par Isidore Piloussiotis dans son premier livre, épître 144 (Migne 78, 260).
Selon Siméon de Thessalonique (Chap. 14, page 312), les cérémonies de commémoration de trois jours se célèbrent parce que l’homme par la Trinité est devenu être et parce qu’en s’endormant, il se changera et apparaîtra comme il était avant la désobéissance.
Celles de neuf jours se font afin que l’esprit puisse se joindre, étant immatériel et de la même nature que les anges qui sont divisés en neuf légions (trois fois trois), à eux qui louent le Dieu de la Trinité.
Celles de quarante jours - pour l’Ascension du Seigneur, afin qu’après la résurrection commune à tous, celui pour qui la commémoration des 40 jours se célèbre, puisse être pris et élevé dans les nuages, rencontrer le Juge et rester auprès de Lui.

2. Le blé cuit en mémoire des morts

On ne sait pas pourquoi on appelle ainsi ces offrandes aux morts (en ancien grec énagismata ou coaí), kóllibon étant un mot grec qui désigne une monnaie valant un sou et de ce mot dérive kollubithv ou kollubisthv, changeur de monnaie, comme ceux que le Seigneur chassa du Temple (Jn 2,15); Quelques-uns expliquent, métaphoriquement ou spirituellement, que ce mot désigne un impôt (en monnaie) pour la rédemption de l’âme et pour le Pardon de Dieu. Peut-être il y avait une coutume de distribuer aux enterrements des kólluba - en monnaie - comme on le fait aux baptêmes, aux noces etc.

Date de l’institution du blé cuit en mémoire des morts

Notre coutume du blé cuit semble avoir débuté au temps du miracle des Théodores (361 — au 4e siècle après Jésus Christ), car nous n’avons aucune indication de l’emploi du blé à l’église avant cette époque; probablement on offrait indifféremment des fruits, du vin, des viandes etc. Il paraît que depuis le 4e siècle, l’Église a combiné cette offrande avec l’idée de Paul sur la mort et la résurrection qu’il enseigne par l’image du blé (1Co 15,35-38 et Jn 12,24).
Nous offrons du blé parce que le bon pain est fait de blé et que notre Seigneur S’est appelé Lui-même le Pain de la vie. Dès le commencement, il en fut donné à nous les hommes du blé pour nous nourrir et c’est avec du pain que nous célébrons la sainte Eucharistie.
Comme le blé semé dans la terre croît et donne ensuite des fruits, ainsi l’homme, qui est une semence, enseveli dans la terre, ressuscitera et s‘offrira à Jésus. “…Mais quelqu’un dira : Comment les morts ressuscitent-ils, et avec quel corps reviennent-ils ? Insensé ! Ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps à venir, c’est un simple grain, de blé peut-être ou de quelque autre semence; puis Dieu lui donne un corps qui lui est propre…”

CHAPITRE VII
Le jeûne

Il est vrai qu’aucune institution de notre sainte Église n’a causé tant de confusion et de commentaires parmi les chrétiens que le jeûne. Le jeûne, vous disent certains, n’a aucun but car aujourd’hui, l’organisme humain ne peut pas résister, et, après tout, c’est une chose instituée par les prêtres.
Le jeûne fut établi par Dieu Lui-même dans le Paradis. “…Puis Yahvé Élohim donna un ordre à l’homme, en disant : De tout arbre du jardin, tu pourras manger, mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas, car du jour où tu en mangeras, tu mourras.” (Gn 2,16-17.)
Le prophète Jonas (3,7) commanda aux Ninivites de jeûner, et même leurs animaux, “…qu’ils ne paissent ni ne boivent point d’eau… ” pendant trois jours.
D’ailleurs Socrate, Aristote, Platon et tant d’autres philosophes avant Jésus Christ étaient adeptes du jeûne.
Moïse, déplorant les péchés du peuple d’Israël, jeûnait souvent pour tous les péchés que le peuple avait commis en faisant le mal aux yeux de Dieu.
Jésus jeûna dans le désert pour nous enseigner le bénéfice que nous en obtenons (Mt 4,2, Mt 6,26-27, 48,14-15, Mc 8,28, Mt 17-21). Les apôtres jeûnaient suivant ses instructions et ils en établirent les règles.
Conciles Œcuméniques : 55e et 89e canon du 6e Concile oecuménique, 51e canon du concile de Laodicé.
Saint Jean Chrysostome : “Aimons l’abstinence, car elle est la mère de la sagesse et la source de toute philosophie.”
Le grand Basile, Simon le Métaphraste, saint Jean Chrysostome ont écrit beaucoup de livres exaltant les mérites et les bénéfices que le chrétien obtient du jeûne.
Le jeûne est un exercice pour l’âme. C’et un exercice de la volonté. Tous ceux qui avaient fait quelque chose de grand étaient des adeptes enthousiastes du jeûne. Tous les grands hommes du christianisme étaient des ascètes. Si tu veux être chrétien, tu dois être philosophe. Parce que le christianisme est la philosophie la plus élevée.
Lorsque l’Église indique que le malade n’a pas besoin de jeûner, elle n’entend pas celui qui est prêt à mourir, mais quiconque se sent faible corporellement.
Souvent le jeûne est une expression de deuil et de douleur, comme cela nous est confirmé par les paroles du Sauveur Lui-même. Lorsque les disciples de Jean le Baptiste se scandalisèrent et demandèrent au Seigneur pourquoi ses disciples ne jeûnaient pas, le Seigneur leur répondit que tant que Lui se trouvait parmi eux, ils n’avaient pas besoin de jeûner. Parce que ces jours-là n’étaient pas des jours de deuil, mais de joie. Cependant, prédit-il, des jours viendront où Il Se séparera d’eux pour être livré à la mort sur la croix et alors les disciples, n’ayant plus le Maître au milieu d’eux, jeûneront. Nous déduisons donc des paroles du Seigneur que le jeûne convient aux jours de deuil pendant lesquels nous célébrons pieusement leur mémoire, par exemple nous jeûnons le mercredi, car Judas vendit le Maître un mercredi, et le vendredi parce que c’est un vendredi qu’Il fut crucifié et pendant le Grand Carême nous commémorons pieusement la Passion du Sauveur.
Mais nous sommes aussi en deuil pour nos péchés, nous trouvant coupables en face de Dieu, et nous pleurons la désobéissance et ses tristes conséquences. “Bienheureux ceux qui pleurent, etc.”, c’est-à-dire ceux qui pleurent leurs péchés et leurs transgressions. Par le jeûne, nous nous considérons indignes de la nourriture que Dieu nous a donnée, puisque nous manquons à la soumission que nous Lui devons.
“Le Royaume de Dieu est pris d’assaut et les violents s’en emparent.” (Mt 11,12)
“Le zèle de ta Maison dévore.” (Jn 2,17)

FIN


LÉGENDE DU MONT ATHOS

L'IKODOMISSA

Dès son enfance, Abraham de Trébizonde désirait à entrer dans la vie monastique. Il finit par devenir moine, sous le nom d'Athanase, au monastère de Stoudion à Constantinople.
Il allait souvent au palais voir son ami, le stratège Nicéphore Phocas. Celui-ci, lors du retour d'une excursion en Crète contre les Sarrasins, s'arrêta sur la presqu'île de l'Athos. En ce temps-là, il n'y avait pas encore de monastères, seuls quelques ermites et anachorètes y vivaient dans leurs grottes. Nicéphore décida, puisqu'ils étaient exposés aux attaques des pirates, de leur construire un monastère fortifié.
Son ami Athanase, enthousiasmé par ce projet, se rendit aussitôt sur l'Athos. En peu de temps, il gagna les ermites et ascètes à son plan. Tous aidaient pour la construction du premier monastère sur la sainte Montagne. Le zèle fut grand mais ne dura pas. La maigre récolte pourrit et l'aide promise de Nicéphore n'arriva pas. Maladie, faim et découragement oeuvraient à la destruction. La construction fut abandonnée et beaucoup de moines quittèrent la nouvelle fraternité monastique. Athanase lui-même partit, désespéré.
Entre-temps, Nicéphore Phocas fut proclamé roi et fut instruit de tous ces problèmes sur l'Athos.
Comme après deux heures de marche fatigante, Athanase s'effondra par terre, une dame habillée de blanc lui apparut et lui demanda la cause de son chagrin. En larmes, Athanase lui raconta la mésaventure de la fondation. Elle le consola et lui conseilla de retourner, tout en lui enjoignant de ne pas oublier, à cause des choses matérielles, son salut. Le vénérable Athanase n'était pas habitué qu'on lui parlât ainsi. Quand finalement la dame en blanc se présenta comme la Mère du Sauveur, incrédule, il demanda un signe. La Toute-Sainte y consentit et commanda au fondateur incrédule de frapper le rocher avec sa canne. «Telle l'eau du rocher, ainsi coulera pour l'âme une source d'eau vive. Désormais vous m'appelerez Ikodomissa (Fondatrice).»
Athanase obéit et l'eau jaillit du rocher. Avec crainte, il se jeta par terre et quand il se releva, l'Ikodomissa avait disparu.
Rempli de nouvelles forces, il reprit l'ancienne oeuvre. Les frères enfuis revinrent aussi dans peu de temps. Le bateau de ravitaillement qu'une tempête avait retenu en mer arriva également. Athanase aidait lui-même pour la construction. Une fois, il tira à lui seul une charrette chargée, car le boeuf s'était cassé une patte. Le fondateur trouva la mort lors de la construction d'une coupole. Une pierre tombée l'avait écrasé.
Lorsque les Latins attaquèrent le monastère, il cherchaient à piller le tombeau d'Athanase, mais un éclair de feu en sortait et leur projet fut donc abandonné.

LE TOMBEAU

DE

SAINT ATHANASE

NE JUGEZ PAS…

Ne jugez point, et vous ne serez point jugés.
Mt 7,1 Lu 6,37

Terrible est cette parole qui nous permet de nous soustraire au jugement et d’être absout de tous nos fautes et péchés. Pour un effort si minime — de ne pas juger - Dieu en retour fera de même. Par contre si nous jugeons notre prochain, Dieu en fera de même avec nous et comme nous avons mesuré, nous serons mesuré aussi, selon l’évangile (L'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Mt 7,2). Alors pourquoi juger notre frère ? Ce n’est que notre orgueil qui nous pousse à le faire, celui qui nous fait croire que nous savons tout et qui nous met au-dessus des autres.
Une autre parole dit : Celui qui comprend tout, pardonne tout. Dans notre témérité nous jugeons l’autre en nous fiant à quelques aspects extérieurs et en ignorant ce qui se passe vraiment en lui et en méconnaissant les racines lointaines de son comportement.
Au lieu de couvrir les faiblesses de notre prochain, de l’aider à se relever, nous faisons le contraire. S’il faut pardonner à ceux qui nous ont offensés et ne pas les juger selon les paroles de Notre Père (Remets-nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs), à plus forte raison il faut s’abstenir de juger et de condamner l’autre pour les choses qui ne nous regardent aucunement. S’il s’habille de telle ou de telle manière ou dépense ses sous, cela nous regarde ?
Une histoire des anciens pères me vient à l’esprit : Un frère en train de mourir était tout joyeux. Les autres frères qui l’entouraient s’étonnaient car ils le savaient négligent. On lui demanda donc comment il pouvait être si confiant avec cette négligence qui le caractérisait ? Il leur disait : J’ai confiance dans cette parole du Sauveur qui dit : Ne jugez point, et vous ne serez point jugés, et malgré ma négligence je me suis toujours gardé de juger. Et c’est ainsi qu’il s’endormait paisiblement dans le Seigneur.
Puissions nous aussi quitter cette vie, le coeur en paix, le jour X que Dieu seul connaît !

hm. Cassien


LES OIGNONS D’ÉGYPTE

Quand le Christ, le nouveau Moïse, nous a fait quitter l’Égypte - symbole du monde, de la chair et du diable — pour nous faire traverser le désert spirituel, afin d’entrer dans la Terre promise, nous ne savions ce qui nous attendait et nous croyions que nous allions suivre, sans regimber, notre guide.
Quitter avec ses pieds le péché et ses causes est relativement facile; le quitter avec le coeur est bien plus ardu. Combien de fois nous aussi, tels les Hébreux, nous languissons après ce que nous avions sous l’esclavage du péché et comme eux nous crions : Nous nous souvenons des poissons que nous mangions en Égypte, et qui ne nous coûtaient rien, des concombres, des melons, des poireaux, des oignons et des aulx. (Nb 11,5). Et la manne miraculeuse — symbole de la Grâce — nous devient ennuyeuse : Maintenant, notre âme est desséchée : plus rien ! Nos yeux ne voient que de la manne. (ibid. 6). Nous préférions être de nouveau sous l’esclavage du Pharaon spirituel (le diable), pourvu que notre âme puisse de nouveau reprendre ses anciennes habitudes.
Quarante ans Dieu faisait errer les Hébreux à travers le désert avant qu’ils n’entrent dans la Terre promise. Pourtant le chemin n’est que quelques semaines de distance à pied. La faute n’était pas à Dieu mais bien au cou raide et au coeur endurci des Israélites.
Parfois, je pense à ce que disait un ancien : Si l’homme veut, du matin au soir, il peut arriver à la mesure de Dieu, c’est-à-dire se sanctifier entièrement. Mais hélas, il nous faut aussi toute notre vie pour avancer vers la perfection et rien n’est moins sûr que d’y arriver. Combien d’Hébreux ont péri dans le désert sans entrer dans la Terre promise ? L’Écriture est là pour nous le dire. Il suffit de la lire pour voir que l’expérience des Hébreux reflète la nôtre. Elle est consignée afin que nous en apprenions et évitions les pièges qui nous attendent sur notre cheminement.
Oignons, melons, aulx etc. sont des images de tout ce à quoi notre coeur est attaché encore en pensée, sentiment et acte. La manne – image des choses spirituelles : prière, lecture, solitude, sacrements etc. – est, certes, bonne à manger, mais souvent nous avons du mal à nous y faire.
Pourtant il n’y a qu’un chemin qui conduit vers la terre promise; l’autre, en sens inverse, reconduit vers l’esclavage du péché.

hm. Cassien


AVANT - PROPOS SUR LE TÉMOIGNAGE DE LA FOI ORTHODOXE
PAR ST. GRÉGOIRE PALAMAS, ARCHEVÊQUE DE THESSALONIQUE (14e siècle)

         

   En plus des sept saints Conciles oecuméniques, l'Église orthodoxe a reconnu quelques Conciles locaux à cause de leur grande importance, pour la défense de la foi orthodoxe. Trois de ces Conciles locaux ont eu lieu à Constantinople au 14e s. (1341, 1347, 1351), pour défendre la foi de l'Église orthodoxe, qui proclame cette vérité essentielle que les Énergies de la sainte Trinité (du Dieu Vivant), qui sont transmises aux fidèles orthodoxes, surtout à l'aide des saints sacrements, sont incréées. (C'est à dire qu'elles ne proviennent pas de la création, qui se trouve soumise à la corruption, mais directement du Dieu incréé, qui est la source de la vie incorruptible.
            Ainsi le chrétien orthodoxe, qui croit correctement, qui obéit aux commandements de Dieu et qui participe aux saints sacrements de l'Église orthodoxe, a la possibilité de recevoir ces énergies incréées du Dieu Vivant et de participer, dès cette vie, en partie, à la grâce de l'incorruptibilité et de la déification, qui sera accomplie dans la vie éternelle du Règne de Dieu aux cieux.
            À propos de cette vérité des Énergies incréées de la sainte Trinité, avaient écrit beaucoup de pères de l'Église. Leurs noms sont mentionnés au tome du 3e Concile local de Constantinople (1351), ainsi que certains extraits de leurs ouvrages théologiques, comme saint Denys l'Aréopagite, Saint Basile le Grand, Saint Jean Chrysostome, Saint Maxime le Confesseur et d'autres encore.
            Cette théologie qui était la foi de l'Église orthodoxe dès le début, en accord avec l'évangile: Parabole de la vigne et des sarments (cf. Jn 15) et la prière sacerdotale de Jésus Christ avant sa Passion (cf. Jn 17), a systématisé l'enseignement de saint Grégoire Palamas, grand ascète du Mont Athos, profond théologien, qui fut aussi archevêque de Thessalonique au milieu du 14e s., ses oeuvres théologiques, ont servi comme base, pour la défense de la foi dans les Énergies incréées de la sainte Trinité, pendant ces trois Conciles locaux de Constantinople, qui conduisent à cette conclusion essentielle : Sans la participation de l'homme aux Énergies incréées il n'y a pas de salut, ni de déification de la nature humaine. "En dehors de l'Église il n'y a pas de salut" (saint Cyprien de Carthage).
            Ce manque du vrai sacerdoce et de la grâce sanctifiante avait conduit ceux, qui niaient la vérité des Énergies incréées de la sainte Trinité (les Latinisants Barlaam et Akindinos et certains autres), à appeler les Énergies de la sainte Trinité créées, donc corruptibles, puisque la création se trouve dans la corruption, et par conséquent inaptes à transmettre la possibilité du salut, qui est basée sur le don de l'incorruptibilité à la nature humaine, étant donné que le corps de Jésus Christ, après sa Résurrection, est demeuré incorruptible.
            C'est cette affreuse hérésie, qui conduit à l'absence de salut, que l'Orthodoxie a vaincue lors des trois Conciles locaux de Constantinople, et surtout lors du dernier en 1351, qui, après la démonstration toute pure de la vérité, ce Concile a anathématisé les Occidentaux, qui avaient créé et ceux qui avaient accepté cette hérésie.
            À la fin du tome du 3e Concile local de Constantinople se trouve le Témoignage de la Foi Orthodoxe de saint Grégoire Palamas, qui avait participé à ce Concile.
            C' est ce Témoignage de la Foi Orthodoxe, que nous présentons, traduit en français pour la première fois en guise d'information.    

TÉMOIGNAGE  DE  LA  FOI  ORTHODOXE DE  L'ARCHEVÊQUE  DE  THESSALONIQUE  ST. GRÉGOIRE  PALAMAS, PRÉSENTÉ  À  LA  FIN  DU  3E CONCILE  LOCAL  DE  CONSTANTINOPLE  EN  1351
A  PROPOS  DU  SUJET  DE  L'HÉSYCHASME

            Nous croyons et nous vénérons un seul Dieu, qui existe avant tout, sur tout et en tout et au-dessus de tout. Ce Dieu est le Père, le Fils et le saint Esprit. C'est un Dieu mais en trois hypostases et ces trois hypostases sont unies entre elles, sans se confondre l'une à l'autre, en une Monade véritable. Elles se distinguent, mais elles ne se partagent pas. Il s'agit d'un Dieu en Monade et en même temps Trinité toute puissante (hypostase : existence divine en état spirituel).
            Le Père est sans commencement et pas seulement Il se trouve en dehors du temps, mais Il est aussi sans cause. (C'est à dire son Existence n'a aucun motif d'être). Cependant c'est Lui la cause, la racine et la source de la Divinité du Fils et du saint Esprit et Lui seul la cause préliminaire de toutes les créations. Il n'est pas le seul Créateur, mais seul Père d'un Fils et la seule source de la procession d'un seul saint Esprit. Il existe de toute éternité et Il est Père de toute éternité et seul Père de toute éternité et source de la procession du saint Esprit. Il est supérieur au Fils et au saint Esprit seulement en tant que cela concerne la cause de leur existence, mais toutes ses autres propriétés sont les mêmes dans le Fils et dans le saint Esprit. C' est à dire c'est le même honneur que nous adressons au Père, au Fils et au saint Esprit.
            Le Dieu-Père a un Fils sans commencement de temps, mais le Fils a un commencement, puisqu'Il a comme commencement, racine et source le Père duquel Il est engendré exclusivement de toute éternité, né sans corps, pas d'une façon biologique, mais impassible, sans se diviser, puisque le Fils est Dieu engendré de Dieu le Père. Cependant Il ne diffère pas du Père, puisqu'Il est Dieu. Sa seule différence consiste en ce qu'Il est Fils. Comme Fils Il existe continuellement à travers les siècles et Il est Fils continuellement et l'unique Fils et Il est continuellement uni à Dieu le Père, mais sans se confondre avec Lui.
            Le Fils n'est pas la cause et le commencement de la divine Trinité, puisque la cause de son Existence est le Père. Cependant le Fils est cause et commencement de toutes les créations (cf. Jn 1,3), puisque par Lui "tout fut créé". Ainsi donc, tandis que le Fils existait de toute éternité en la beauté totale de la Divinité, "Il n'a pas senti de la fierté du fait qu'Il était égal à Dieu le Père" (Phil 2,6-7), mais quand le moment historique est venu ("quand le temps fut accompli" (Gal 4,4), Il reçut notre forme humaine en cachant sa Nature divine, et ayant demeuré dans le sein de la Vierge Marie, en tant né selon la loi naturelle, ayant en même temps les deux natures : humaine et divine, par la complaisance de Dieu (le Père) et par la collaboration du saint Esprit, en étant devenu un homme complet, Il est devenu le même que nous, sans le péché, étant resté cependant ce qu'Il était, c'est à dire, vrai Dieu. Mais Il a uni ses deux Natures (divine et humaine) sans les changer, ainsi que ses deux Volontés et ses deux Énergies et Il est resté le Fils (de Dieu) en une seule hypostase, même après son Incarnation, en effectuant les actions divines toujours comme Dieu (p. ex. les miracles et sa Transfiguration sur le mont Thabor), et les actions humaines comme homme, en subissant les souffrances humaines (comme la fatigue, la faim, la soif, la mort, la douleur). En restant impassible et éternel comme Dieu, Il subit par sa libre Volonté la Passion dans son Corps. Et après sa Crucifixion et sa Mort (sur la croix) et son Ensevelissement, le troisième jour, Il est ressuscité. Après sa Résurrection Il a apparu à ses disciples, Il leur promit la puissance qu'ils allaient recevoir du ciel et Il leur a donné le commandement d'enseigner (l'évangile) à toutes les nations et de les baptiser au nom du Père, du Fils et du saint Esprit et de garder et d'enseigner ses commandements. Ensuite Il est monté aux cieux et Il S'est assis à la droite de Dieu le Père, ayant ainsi rendu notre corps humain (qu'Il reçut à son Incarnation) également honoré et divinisé et assit sur le même trône que Dieu le Père. Et avec ce Corps Il va revenir glorifié, pour juger ceux, qui seront alors vivants et qui seront passés à l'incorruptibilité "en un clin d'oeil" (I Cor 15,52) et les morts (de tous les temps) en rendant justice à chacun selon ses oeuvres.
            Ainsi donc, après être monté vers son Père (aux cieux) Il a envoyé à ses saints disciples et apôtres le saint Esprit, qui procède de Dieu (le Père). Le saint Esprit, comme le Père et le Fils, n'a pas de commencement. Il existe de toute éternité. Il a comme commencement, racine, source et cause le Père seul, pas par une naissance, mais par la procession. Car le saint Esprit aussi procède du Père de toute éternité d'une façon impassible (sans fluidité), sans se détacher du Père et du Fils, puisqu'Il provient du Père et repose sur le Fils, étant uni au Père et au Fils sans se confondre avec eux, ni se séparer d'eux, et sans se partager. Le saint Esprit est Dieu, puisqu'Il provient de Dieu le Père, mais Il ne diffère pas de Dieu le Père, puisque le saint Esprit est aussi Dieu. Il diffère seulement du fait qu'Il est "Paraclet" (consolateur), qui a sa propre Hypostase, qui, cependant, procède du Père et est envoyé par le Fils. C'est à dire le saint Esprit est aussi cause de toutes les créations, en ce qu'elles sont perfectionnées par Lui. Il reçoit le même honneur que le Père et le Fils, sans qu'Il provienne ni par naissance ni par non-naissance.
            Il fut envoyé par le Fils (le Christ) à ses disciples. C'est à dire Il est apparu. Car de quelle autre façon serait envoyé par Lui (le Fils) le saint Esprit, qui ne se sépare pas de Lui (le Fils) ?
            Et comment le saint Esprit sera-t-Il venu à moi, puisqu'Il existe partout ? Car Il n'est pas envoyé par le Fils uniquement, mais aussi par le Père à travers le Fils. Il vient pourtant et paraît aussi de Lui-même, parce que son envoi est une oeuvre commune (de la sainte Trinité), c'est à dire l'apparition de l'Esprit. Cependant Il n'apparaît pas par son Essence divine, parce que personne n'a jamais vu, ou révélé la Nature de Dieu, mais seulement par la grâce, la puissance de l'énergie de Dieu, qui est commune au Père, au Fils et à l'Esprit. Ce qui diffère à chacun d'eux c'est son Hypostase et tout ce qui se rapporte à cette hypostase.
            Et ils ont en commun pas seulement l'Essence divine, qui n'a pas de nom, qui ne se révèle pas et à laquelle personne ne peut jamais participer, puisqu'elle est au-dessus de tout nom, forme et participation, mais Ils ont aussi en commun la grâce, la puissance et l'énergie, la splendeur, le règne et l'incorruptibilité et tout ce à l'aide de quoi Dieu se met en communion (seulement par la grâce) avec les saints anges et les hommes, sans perdre la différence et la distinction de ses trois Hypostases et sans perdre la simplicité, à cause de la division et de la diversité de ses Puissances et de ses Énergies.

            Ainsi pour nous Il y a un Dieu d'une seule nature divine, car on ne pourrait jamais avoir une synthèse, qui se compose de plusieurs hypostases parfaites, et on ne pourrait jamais, non plus, en vérité, appeler complexe une existence, qui peut agir par sa propre puissance, ou ses propres puissances.
            Après tout ce que nous avons expliqué, nous vénérons d'une façon retenue l'icône peinte du Fils de Dieu, qui S'est incarné pour nous, mais en rapportant cette vénération relative à l'original, c'est à dire à Lui-même. De la même façon nous vénérons le saint Bois de la Croix et tous les symboles de sa Passion comme des trophées (de la Victoire de Jésus Christ sur la Croix) contre l'ennemi commun de notre genre humain (c' est à dire Satan). Le signe de la Croix aussi est salutaire.
            Nous honorons aussi les églises, les lieux de pèlerinage et la objets liturgique et les paroles données par Dieu (la sainte Bible) à cause de Dieu, qui habite en eux.
            Nous vénérons aussi les icônes de tous les saints à cause de l'amour que nous avons envers eux et à cause de Dieu, qu'ils ont aimé et ont servi. Mais pendant cette vénération notre pensée va aux saints, que ces icônes représentent.
            Nous vénérons aussi les reliques des saints, parce que la grâce n'est pas enlevée de ces ossements sacrés, comme pareillement la divinité n'était pas enlevée du corps de Jésus Christ pendant les trois jours qu'Il était au tombeau.
            Nous ne connaissons aucun mal ayant une hypostase essentielle. Et nous ne connaissons d'autre commencement du mal, que la déviation des êtres raisonnables, qui ont fait usage de la liberté, que Dieu leur a donnée (de leur libre arbitre), d'une façon inconvenable.
            Nous acceptons toutes les traditions ecclésiastiques (écrites et orales), mais surtout la toute sainte célébration d'un caractère sacramentel exceptionnel, qui nous rassemble dans une assemblée (le sacrement de l’eucharistie), à laquelle les autres célébrations sacramentelles doivent leur accomplissement. Par cette sainte célébration nous nous souvenons de Lui, qui s'est dépouillé, mais pas complètement (c' est à dire dans son Incarnation la nature divine est restée en Lui, mais sans se confondre avec la nature humaine), Lui qui S’est incarné et a souffert le supplice de la croix (comme homme parfait sans péché) pour nous (pour nous libérer de la mort éternelle, par son Obéissance complète à son Père céleste).
            Pendant cette célébration, que Lui le premier a réalisée et qui continue à se réaliser en suivant son commandement divin, par le prêtre, mais en même temps par Dieu (par la descente du saint Esprit au moment de la consécration des saints dons : le pain et le vin), le sacrement donc de la transformation du pain et du vin en Corps vivifiant et en Sang du Christ ressuscité et monté aux cieux incorruptible. À l'aide de ce sacrement Dieu accorde à ceux qui s'en approchent, ayant l'âme pure, la participation et la communion sacrementelle avec Lui (à l'aide des énergies incréées de la sainte Trinité).
            Et ceux qui ne confessent pas, ou qui ne croient pas tout ce que le saint Esprit a prédit à travers les prophètes (de l'Ancien Testament), tout ce que le Seigneur a institué pendant son Existence humaine sur la terre, tout ce que les apôtres ont proclamé, après avoir été envoyés par Lui, tout ce que les pères de l'Église, successeurs des apôtres, nous ont enseigné, mais, qui, malgré toute cette sainte tradition, cherchent à proclamer l'hérésie et suivent ceux, qui l'ont créée, nous les éloignons de l’Église et nous les anathématisons.

            Nous acceptons encore les saints Conciles oecuméniques (avant le Schisme) :
Le 1er Concile oecuménique à Nicée de Bithynie (en 325 ap J.C.) auquel ont pris part 318 saints pères, contre l'ennemi de Dieu, Arius, qui a diminué le Fils de Dieu avec impiété en disant qu'Il est créature de Dieu, en mettant ainsi en pièces la Divinité vénérée : le Père, le Fils et le saint Esprit, en disant que la sainte Trinité se compose d'aspects créés et incréés.
Le 2e Concile oecuménique à Constantinople (en 381 ap. J.C.), auquel ont pris part 150 saints pères, contre Macédonius (patriarche de Constantinople), qui, en exprimant une grande impiété, avait diminué le saint Esprit, en disant qu'Il est aussi une création de Dieu (le Père), et en mettant en pièces, lui aussi, l'unique Divinité, en aspects, créés et incréés.
Le 3e Concile oecuménique d'Ephèse (Asie-Mineure) (en 431 ap. J.C.) auquel ont pris part 200 saints pères contre Nestorius (patriarche de Constantinople), qui transgressait l'union des deux Natures de Jésus Christ (humaine et divine) en une Hypostase et ne voulait en aucune façon nommer la Vierge Marie Enfantrice de Dieu, celle, qui a enfanté réellement Dieu (le Fils de Dieu : la deuxième personne de la sainte Trinité).
Le 4e Concile oecuménique, à Chalcédoine (en 451 ap. J.C.), auquel ont pris part 630 saints pères, contre Eutychès et Dioscure d'Alexandrie, qui dogmatisaient faussement disant que le Christ a seulement une Nature (c'est à dire qu'en Lui prédomine la Nature divine).
Le 5e Concile oecuménique, à Constantinople (en 553 ap. J.C.) auquel ont pris part 165 saints pères contre Théodore de Mompsueste et Diodore, qui croyaient la même chose que Nestorius et qui, par leurs ouvrages théologiques recommandaient ses idées et aussi contre Origène et Didyme et aussi contre un certain Evagre, qui appartenaient pourtant à l'Ancienne Église, mais avaient essayé d'introduire dans l'Église quelques innovations mythologiques.
Le 6e Concile oecuménique, à Constantinople (en 680 ap. J.C.) auquel ont participé 170 saints pères, contre Serge, Pyrrhus et Paul, qui avaient commencé à transgresser les deux énergies et les deux volontés correspondantes aux deux Natures du Christ (divine et humaine).
Le 7e Concile oecuménique, de nouveau à Nicée (en 787 ap. J.C.), auquel ont pris part 367 saints pères contre les iconoclastes.
            Nous respectons aussi tous les Conciles locaux, qui se sont réunis par la Grâce de Dieu pour confirmer la piété (la vérité de la Foi) et la pratique des commandements de l'évangile, parmi lesquels existent aussi les trois Conciles qui se sont constitués dans cette grande ville (Constantinople), dans cette église renommée de la Sagesse de Dieu (Sainte Sophie) contre Barlaam de Calabre (Italie Méridionale) et d'Akindynos, qui était avec lui et qui croyait la même chose que lui et qui se hâtait, en se servant de fraude, d'accomplir son oeuvre.
            Ceux-là donc dogmatisent que la Grâce, qui est commune au Père, au Fils et au saint Esprit, est créée, ainsi que la lumière du siècle futur (c'est à dire du Règne de Dieu), par qui "les justes brilleront comme le soleil", comme, d'ailleurs, le Christ l'a prouvé d'avance, quand Il a resplendi sur le mont Thabor pendant sa Transfiguration (cf. Mt 17,1-9), (Mc 9,2-8), (Luc 9,28-36), (I Jn 1,1-3), (2 Pierre 1,16-19). Et ils croient encore que toute puissance et énergie de la Divinité trinitaire et tout ce qui concerne la Nature divine est créé.
            Ainsi donc confondaient, eux aussi (comme d'autres hérétiques), la Divinité unique avec impiété en prétendant, que certains de ses aspects sont créés et d'autres incréés.
            Et à nous qui, avec piété, croyons que cette lumière ultra-divine est incréée, ainsi que chaque puissance et énergie divine, puisque aucune Propriété de Dieu ne paraît d'une façon naturelle, à nous donc ils disent que nous croyons en deux dieux, ou en plusieurs, comme le disent aussi de nous les Juifs, les Sabelliens et les Ariens. Cependant nous, nous les éloignons des croyants de (ceux qui respectent la vraie Foi), comme s'ils étaient des athées, ou des polythéistes, comme la sainte Église du Christ, la véritable Église catholique et apostolique l'avait fait par le tome synodique du Mont Athos. Et nous les supprimons totalement de la communion ecclésiale parce que nous croyons à une Divinité trinitaire toute puissante, qui ne perd du tout son caractère unificateur et simple en ce qui concerne ses Hypostases et ses Énergies.
            En croyant tout cela, nous attendons avec espoir la résurrection des morts et la vie éternelle du siècle futur et infini. Amen.

traduction d’Irène ECONOMIDES

Le moine Abel né en 1757 avait fait cette prophétie, gardée dans les archives secrètes du KGB :
Il y aura un Nicolas, un saint tsar, semblable au pauvre Job. Son coeur sera aussi pur que celui d’une colombe. Il échangera sa couronne royale contre une couronne d’épines. Et le tsar sera trahi comme le fut jadis le Fils de Dieu. Le sang et les larmes vont abreuver la terre. Il n’y aura ni endroit pour fuir, ni endroit pour se cacher. La terre sera profanée, et les saintes églises fermées, et les hommes les meilleurs assassinés. Et il y aura deux guerres, l’une plus terrible que l’autre.
Mais la Russie survivra, grâce aux prières de son tsar martyr. Et il est dit que la Russie va, un jour, renaître de ses cendres.
Dans «Feu et Lumière» (N° 207)

LA VISION DE L'ABBÉ SOPHRONE

Traduit du feuillet grec des V. C. O. "Pnevmatika thesavrismata"
(N° 268, Sept. 1995)

La vision ci-dessous révèle avec évidence le grand profit et le salut que procure la lecture de livres édifiants, de même que la haine des démons envers ceux-ci, puisque les livres révèlent leurs pièges et machinations. Cela fait environ cent ans que cette vision a été vue par un pieux higoumène du monastère Neamt, fondé par le très vénérable Païsios Velichkovsky.
Quelques années après la dormition du vénérable Païsios, l'austérité de la vie au monastère commença à se relâcher, d'une part parce que le monastère avait obtenu une grande richesse et d'autre part parce qu'il fut donné une grande liberté aux laïcs qui venaient en visite. Certains venaient avec toute leur famille pour rester au monastère deux ou trois mois en été et passaient leur temps à des divertissements mondains. Les moines devinrent négligents quant à leurs devoirs spirituels et s'occupaient plutôt des vignobles et des jardins du monastère.
Un des disciples du très vénérable Païsios, Sophrone, qui était a cette époque-là higoumène, était un ascète austère et un homme spirituel. Une nuit, pensant que le lever du jour approchait, Sophrone sortit par le portail du monastère et regarda vers la porte extérieure, là où se trouve aujourd'hui l'eau bénite. Là, il vit un homme noir d'aspect et d'un spectacle redoutable. Il portait une capote militaire et criait fort, comme font les officiers quand ils donnent des ordres aux soldats. Ses yeux étaient rouges et brillaient comme des flammes. Sa bouche était comme celle des singes et ses dents en sortaient. Ses reins étaient entourés d'un énorme serpent dont la tête pendait, et de sa gueule sortait la langue comme une épée. Sur ses épaules il avait des décorations qui avaient la forme de têtes de serpents et, sur sa tête, il portait un chapeau d'où sortaient des serpents venimeux qui s'enroulaient comme des cheveux autour de son cou.
Dès qu'il fit face à tout cela, l'abbé Sophrone fut pétrifié d'effroi. Après qu'il se remit un peu, il demanda à ce prince des ténèbres ce qu'il cherchait à cette heure dans le jardin du monastère.
— Est-il possible que tu ne saches pas que c'est moi qui donne des ordres ici dans ton monastère ? répondit le noir.
— Nous n'avons pas d'armée ici et notre patrie traverse une période de paix absolue, dit l'higoumène.
— Alors, continua le noir démon, apprends que les invisibles princes des ténèbres m'ont envoyé et nous nous trouvons ici pour soulever des guerres contre l'ordre monastique. Quand, lors de votre tonsure, vous prêtez vos serments monastiques, vous déclarez que vous allez nous faire la guerre et vous nous causez de nombreuses blessures avec votre arsenal spirituel. Souvent nous sommes obligés de céder honteusement, car la flamme de votre prière nous brûle. Mais maintenant nous ne vous craignons plus, surtout après la mort de Païsios, votre higoumène. Celui-là nous effrayait et nous souffrions beaucoup entre ses mains. Depuis qu'il était arrivé du Mont Athos avec soixante autres moine, on m'envoya avec soixante mille soldats pour l'arrêter. Tant que c'était lui qui avait la direction, nous ne pouvions pas être tranquilles. Malgré toutes les épreuves et nos machinations contre lui et ses moines, nous n'arrivions à rien. Et en même temps, la langue humaine ne peut pas raconter les effroyables douleurs, les tourments et les épreuves que nous supportions lors du séjour de cet homme ici. C'était un soldat expérimenté et sa stratégie nous mettait toujours hors de combat.
Mais, après sa mort, les choses ont changé et nous avons pu libérer de cette forteresse dix mille des nôtres. Ainsi, nous restions cinquante mille. Quand les moines commencèrent à négliger leur règle de prière et à s'intéresser plutôt aux champs, aux bâtiments et aux vignobles, nous déchargeâmes de leurs devoirs dix mille autres, et les autres quarante mille sommes restés pour continuer nos attaques. Peu d'années après, quelques-uns des moines décidèrent de changer le typikon de Païsios, ils étaient en désaccord entre eux et quelques-uns partirent. Entre-temps il fut donné aux laïcs la permission de louer des chambres au monastère et quand il amenèrent aussi leurs femmes dedans, nous fîmes une fête pour notre victoire et nous réduisîmes notre armée de dix mille encore. Plus tard, quand ils ouvrirent l'école pour des jeunes garçons, le combat touchait à sa fin et nous pûmes réduire nos forces de dix mille encore, ne laissant ici que vingt mille des nôtres pour surveiller les moines.
Dès qu'il entendit tout cela, l'abbé Sophrone soupira au-dedans de lui et demanda au noir démon :
— Et pourquoi avez-vous encore besoin de rester au monastère, puisque vous voyez, comme tu l'avoues toi-même, que les moines ont laissé tomber la guerre ? Que vous reste-t-il encore à faire ici ?
Et ce très méchant, forcé par la Puissance de Dieu, révéla son secret.
— Il est vrai qu'il n'y a plus personne pour nous attaquer comme autrefois, puisque l'amour s'est refroidi, et que vous vous êtes attachés à des affaires mondaines et terrestres. Cependant il existe encore au monastère quelque chose qui nous inquiète. Ce sont ces morceaux de papier, les livres — qu'ils aillent à la destruction — que vous avez dans votre bibliothèque. Nous vivons avec la peur et la terreur qu'un des plus jeunes moines ne les prenne dans ses mains et ne se mette à les lire. Dès qu'ils lisent ces maudites paperasses, ils apprennent l'ancienne piété et votre inimitié contre nous, et les jeunes novices se soulèvent. Ils y apprennent que les chrétiens d'autrefois, moines et laïcs, avaient l'habitude de prier sans cesse, de jeûner, d'examiner et de confesser leurs pensées, de veiller et de vivre comme étrangers et de passage dans ce monde. Ensuite, simples comme ils sont, ils commencent à mettre en application ces sottises.
Ils prennent encore au sérieux l'Écriture sainte. Ils nous injurient et rugissent contre nous comme des bêtes sauvages. Je peux te dire qu'il suffit d'un de ces insensés exaltés pour nous chasser tous d'ici. Ils sont aussi impitoyables et incompatibles avec nous que votre chef tué (le Sauveur). Nous avons enfin tant de paix et de tranquillité avec vous. Cependant, ce que vous appelez les livres spirituels sont une source incessante d'inimitié et de trouble. Pourquoi ne pas être en paix ? Pourquoi ne lisez-vous pas mes livres ? Ne sont-ils pas eux aussi spirituels ? Ne suis-je pas moi aussi un esprit ? Moi aussi j'inspire des hommes à écrire des livres. Il suffit qu'un de ces bouts de papier que vous appelez parchemins tombe dans les mains d'un simple et insensé pour qu'il commence une nouvelle guerre et que nous soyons obligés de partir à nouveau chercher les armes contre vous.
Incapable de garder le silence, le pauvre higoumène lu demanda :
— Quel est la plus grande arme contre les moines de nos jours ?
Et celui-là répondit :
— Tout notre intérêt aujourd'hui est de garder les moines et les moniales loin de préoccupations spirituelles. Particulièrement de la prière et de l'étude de ces livres enfumés. Pourquoi ne passez-vous pas plus de temps à vous occuper des jardins et des vignobles, à la pêche, aux écoles pour les jeunes, à l'hospitalité de toutes ces bonnes personnes qui viennent ici l'été pour l'air pur et l'eau saine ? Les moines qui s'occupent de telles choses sont pris dans nos filets comme les mouches dans les toiles d'araignée. Tant que tous ces livres ne seront pas détruits ou usés par le temps, nous ne serons pas en paix. Ce sont comme des flèches pour nous.
Il n'avait pas encore bien terminé ces paroles que la simandre sonna pour l'office des matines. Le chef des démons disparut aussitôt comme la fumée. L'abbé partit avec une grande douleur d'âme, à cause de ces révélations, et entra dans l'église. Quand les moines se rassemblèrent, il leur raconta avec les larmes aux yeux tout ce qu'il avait vu et entendu pendant cette terrible vision. Ensuite, il donna l'ordre que tout cela soit écrit pour le profit de la postérité.



QUI AIME LE JUSTE..

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Dans la prière : Toi qui en tout temps…, nous disons, en parlant de Dieu : Qui aime le juste et fait miséricorde au pécheur.
Quelle est la différence entre l’amour du juste et la miséricorde envers le pécheur ? On aime ce qui est beau et bon, ce qui a de la valeur. Par contre on a de la pitié pour ce qui est laid, chétif ou raté. La laideur n’est pas un objet d’amour. On n’aime tout au plus la créature qui en est atteinte qu’en tant que créature, et si c’est un homme, à cause de l’image de Dieu qu’il porte toujours en lui malgré la déformation. Par contre l’homme accompli n’est pas seulement à l’image de Dieu, mais a aussi restauré la ressemblance divine en lui-même, ce qui fait qu’il est digne d’amour.
Toute nature raisonnable est à l’image de Dieu; mais à sa Ressemblance, seuls le sont les bons et les sages, dit saint Maxime le Confesseur (centuries 3,25).
Pitié et miséricorde sont des sentiments qu’on porte envers ce que la vie a abîmé, altéré et on souhaite que cette déformation, cette maladie le quitte.
L’âge et les rides sont inévitables mais ne sont pas nécessairement accompagnés de laideur. Ce n’est que chez celui qui a gâché sa vie, et quand la beauté physique de la jeunesse a disparu — qui ne faisait que cacher le vide intérieur — que toute la misère est à découvert.
Un saint, donc un homme accompli sur tous les niveaux, malgré son âge, rayonne une beauté, une lumière, et il est aimé de tous, sauf de ceux bien sûr qui ont opté pour le mal et tout ce qu’il comporte.
Dieu donc comment peut-Il aimer quelqu’un qui vit dans le péché et ne se défait de ses vices ? Il le prend en pitié, lui tend la main afin de le sauver quand même.
Il donne à l’un sa Miséricorde, à l’autre sa faveur. À l’un Il donne, à l’autre Il accorde sa Grâce, dit saint Jean Chrysostome dans son homélie pascale.
Donc, autre est le sentiment envers le juste, et autre le sentiment envers le pécheur. Autre la miséricorde, et autre l’amour. Ce que Dieu ressent envers nous, nous l’éprouvons aussi chaque jour. Il y a des hommes qu’on aime à cause de leurs qualités et d’autres qui nous font pitié à cause de leur misère et des problèmes dont ils ne sortent pas.
Qu’avons-nous à faire pour qu’on nous aime vraiment et que nous arrêtions de nous plaindre de ce qu’on ne nous aime pas ? La réponse est simple, d’après ce que nous venons de dire, même si la réalisation demande de l’effort : Nous devons nous défaire de nos défauts et devenir un chrétien non seulement en apparence mais de tout notre être. D’autres y sont arrivé, et pourquoi pas moi ? Voilà une question essentielle qui devrait être sans cesse devant nos yeux. Dieu en a aidé d’autres pour le réaliser et Il veut que tout homme soit sauvé.

hm. Cassien